Le festival 2012 des Poly’sons s’est ouvert vendredi 13 janvier avec Charles Baptiste et
Nilda Fernandez.
Le premier a su conquérir le public par son côté sympathique et dynamique.
Ses textes sur l’adolescence nous parlent, d’autres se moquent gentiment du public : « on
veut des tubes » (effectivement, il sait en faire). Seul au piano, il pose un jeu d’accords
essentiellement rythmiques (osant rarement tel contrechant ou chorus). La voix parcourt
un ambitus assez large et révèle une jolie couleur dans l’aigu. Le choix efficace de
l’enchaînement des chansons - commencer par les chansons intimistes et terminer par les
plus festives et rythmées - montre un sens affirmé de la conduite du spectacle. Nous
avons apprécié aussi les jeux de lumière multiples et colorés en parfaite adéquation avec
le caractère des chansons. Bref, une belle première partie.
Atmosphère poignante et intimiste avec Nilda Fernandez pour la seconde partie. Dans un
costume un peu country (bottines, pantalon vert, chemise à fleur, veste noire), l’artiste
nous entraîne dans ses nombreux voyages et rencontres (Russie – Québec – Cuba…).
Le public découvre (ou retrouve) une voix spécialement aiguë et très souple. S’exprimant
systématiquement dans ses deux langues (français et espagnol), Nilda enchaîne plusieurs
titres avant de s’interrompre montrant ainsi la continuité du voyage. En virtuose, faisant
corps avec sa guitare, il retrouve les rythmiques du flamenco et le chant gypsy :
l’émotion filtre à travers ses chansons particulièrement celles où il met en musique des
textes de Federico Garcia Lorca. Musicien aguerri et minutieux (il accorde longuement
sa guitare après chaque chanson), il aime les échanges avec le public, l’invitant à chanter
quelques ritournelles pendant que lui improvise. Généreux, il a offert un nombre
important de chansons en rappel.
Nous avons préféré la première partie plus dynamique pour nous mais nous avons été très
touché par l’atmosphère poétique de la deuxième.
Texte écrit par les lycéens
de l’option musique du lycée de Beauregard