Il y a deux saisons, François Bourcier nous faisait revivre avec « Résister, c’est exister », la Résistance d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Il revient avec « Lettres de délation » pour incarner ces braves gens qui se transforment en « corbeaux », persuadés d’accomplir un acte civique.
Des lettres par milliers. Des tombereaux de lettres (plus de 3 millions envoyées aux autorités françaises et allemandes pendant l’occupation nazie !). Des lettres dénonçant des juifs, communistes, francs-maçons, gaullistes, tsiganes ou homosexuels. Des lettres à la fois révulsantes et ridicules, des lettres authentiques. Des lettres qui envoyèrent des hommes, des femmes et des enfants à la mort.
Dans un décor jonché de malles et d’objets épars, François Bourcier dévoile ces lettres en épousant tour à tour le physique de leurs auteurs, mère de famille, curé, médecin ou cheminot. Avec talent et conviction, tous les délateurs prennent vie et défilent sous nos yeux dans ce spectacle vivant et rythmé, parfois drôle, souvent poignant, historiquement très instructif.
Un témoignage dérangeant et salutaire. Non parce qu’il met à l’index les méchants, les ignobles, mais peut-être bien parce que les auteurs de ces lettres nous sont proches. Ne tremblons pas… contempler en nous la bête, c’est peut-être éviter d’être à nouveau dévorés par elle.
Spectacle tiré du livre « La délation sous l’occupation »
d’André Halimi
(Ed. L’Harmattan)
Avec
François Bourcier
Mise en scène :
François Bourcier, Renato Ribeiro et
Isabelle Starkier
Voix de
Catherine Allégret, Francis Lalanne et Jean-Claude Dreyfus