La Traversée de Paris n’est pas ce que vous croyez. Pour réussi et subtil qu’il soit, le film de Claude Autant-Lara n’est qu’une version édulcorée du texte écrit en 1942 par Marcel Aymé. La haine au quotidien, la survie au prix de toutes les lâchetés, la guerre d’une France contre une autre, la trouille dans tous les ventres, la rage dans quelques cœurs. Et cela finit mal entre les deux porteurs de valises bourrées de cochon, sombre héros qui ont bien d’autres cadavres en bagage.
Seul en scène, Francis Huster interprète magistralement les différents personnages du texte en rendant à celui-ci sa couleur originelle : celle d’un drame.
Le résultat est stupéfiant. 1h15 durant, on est suspendus aux lèvres du comédien. Martin et Grangil, bien sûr, et les autres que la nuit place sur leur rou-te : commerçants, patrons de bar, policiers. Salauds et héros. Huster est tous ceux-là à la fois.
Sans se grimer, juste par une inflexion de voix, une posture, une grimace infime dans le visage. Dense, intense, incandescent, les années noires sont un charbon dont il fait un incendie.
Un grand moment de théâtre.
Soirée en partenariat avec l’hôtel Maritel à Savigneux
où l’on palpite intensément !
Le texte de « Traversée de Paris » est composé de la nouvelle « Traversée de Paris » issue du recueil « Le Vin de Paris » de Marcel Aymé © Editions Gallimard, 1947 et de quelques emprunts du roman du même auteur « Le Chemin des écoliers » © Editions Gallimard, 1946.